La persécution juive en bande dessinée

On connaissait Maus de l’Américain Art Spiegelman qui développe et dessine la persécution des Juifs de Pologne, telle que l’a vécue le père de l’artiste, rescapé des camps.

Bastille42Nous avons aujourd’hui une BD française fort originale : Bastille 42, écrite par Olivier Esnault et dessinée par Jean Philippe Camus, parue aux éditions Y.I.L. (15€).

Le titre avec sa date renvoie à la tristement célèbre Rafle du Vel d’Hiv, et se situe au lendemain de la guerre, en 1946, où l’on découvre à une station de métro parisien d’abord un cadavre, puis quelques jours après un autre, et ainsi de suite jusqu’au sixième corps.

Le commissaire Roy, chargé de l’enquête et tracassé par ses remords de policier qui a trempé dans de sales histoires pendant les années de peste brune et diverses arrestations dont celle de la belle Rachel dont il était pourtant amoureux – le récit nous renvoyant à la rencontre sentimentale en 1937, en pleine montée de l’antisémitisme −, flaire assez vite la vengeance. Il s’aperçoit que les diverses stations de métro – Oberkampf, Rambuteau, Bastille, Richard Lenoir − où gisent les cadavres dessinent une étoile : une Maguen David, dont la cinquième pointe est au métro Temple, et la sixième à Saint-Paul.

Le commissaire ira jusqu’au bout de son enquête, au risque de sa vie, jusqu’à démasquer l’assassin qui n’est autre que le compagnon de cette Rachel initiale, qui finit à Auschwitz, et qui se vengera et se fera justice.

L’intrigue est menée de main de maître, avec un sens aigu du polar. Quant aux dessins, chaque planche, dessinée et peinte à la main (contrairement aux BD courantes aux couleurs industrielles), est une œuvre d’art.

L’ensemble est particulièrement émouvant et convainquant, et l’on ne peut que souhaiter grand succès à cette Bastille 42, la première œuvre des deux artistes, qui annoncent déjà leur prochaine production : Concert fatal. Mazal tov aux quatre mains talentueuses.

Albert Bensoussan

 

 

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